Article sur Jean-François CHARPENTIER paru dans la Charente Libre

La Charente LibreArticle sur les activités humanitaires de Jean-François Charpentier, vice-président d'Amis Lointains, paru dans la Charente Libre le 16 janvier 2015.

La Charente Libre du 6 janvier 2015. title=

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Jean-François Charpentier, les enfants du Mali au cœur.

Vice-président de l'association « Amis Lointains » à Saint-Brice, le viticulteur de Cherves-Richemont s'est lancé dans l'humanitaire il y a vingt ans.
Pour aider les gosses de Ségué et donner un sens à sa vie.
Rencontre.

Des classeurs en grand nombre, bien rangés sur les étagères du salon de sa maison de Cherves-Richemont. Un par voyage. À l'intérieur, des dizaines de photos bien classées. Avec à chaque page des annotations pour se souvenir des années et des endroits où elles ont été réalisées.

Peu de paysages sur ces clichés, des gens surtout. Des enfants en particulier. Handicapés pour les uns, malades pour d'autres, en pleine forme pour certains. Les images sont parfois rudes.

« Comment voulez-vous ne rien faire quand on voit ça ? », interroge Jean-François Charpentier, le doigt sur la photo d'un enfant le dos à vis, la peau rongée par une infection.

« Moi je ne peux pas. Je ne peux pas laisser ces gosses comme ça ». Ces gosses pour beaucoup sont ceux de Ségué-les-Pierres, un village du Mali situé près de Mopti, à environ 650 km à l'est de Bamako. Ceux sur lesquels veille ce distillateur de 56 ans, vice-président de l'association humanitaire « Amis lointains » de Saint-Brice.

Il est le parrain de l'un d'eux, en suit un autre handicapé, finance la scolarité d'un troisième.

« Les missionnaires eux ont la moelle »

« Quand on voit les conditions de vie, la misère, l'Afrique c'est dur. C'est un autre monde. Soit on aime et on y revient, soit on n'aime pas et on n'y remet jamais les pieds. C'est tout l'un ou tout l'autre. »

Depuis plus de vingt ans, Jean-François Charpentier est amoureux de ce Mali où il s'est rendu pour la dernière fois en septembre dernier, après une pause de deux ans liée aux conflits qui ont touchés le pays. Deux longues années d'attente avec au bout « le bonheur de revoir tous les amis vivants. » De refouler cette terre malienne qu'il se voit bien rejoindre plus tard pour y vivre une partie de l'année afin de continuer à aider au plus près ces gamins.

« Ç'a donné un sens à ma vie depuis la perte de mon amie dans un accident au Vietnam, il y a un peu plus de 10 ans, quand au début l'aide humanitaire donnait juste un sens à mes voyages en Afrique », confie-t-il. Son engagement a pris racine en 1987, au sortir « d'un délire avec des potes et d'une traversée du Sahel en voiture. » Emballé par cette aventure, il y retourne l'année suivante, mais décide cette fois d'enrichir son voyage. Il se met alors en contact avec « Amis lointains », une toute jeune association à l'époque qui le charge de convoyer vêtements et médicaments à destination de Ségué, village avec lequel elle est en contact. Le découverte est décisive.

« Tout m'a plu, l'action de l'association déjà et de sa fondatrice Céline Pierre ; ces gens ; cet endroit, et l'engagement magnifique des ces missionnaires qui travaillent sans relâche pour soigner et aider ces villageois. Eux ils ont la moelle. Ça m'a soufflé », dit Jean-François Charpentier qui n'a eu de cesse d'y retourner depuis. Pour des convoyages à bord de vieilles 404, puis au volant de semi-remorques ensuite. Un par an jusqu'à trois après la disparition de son amie, tous riches « de belles rencontres, de beaux souvenirs. » Du sourire des enfants aussi, dont la prise en charge est aujourd'hui meilleure « grâce à l'apport d'une aide humanitaire qui s'est bien développée au fil des ans et a permis la construction d'écoles et de dispensaires. »

Une aide qui s'est cependant ralentie depuis 2012 à son grand regret. « A cause des conflits et du terrorisme, on ne peut plus convoyer comme autrefois. Les associations en place sont parties en plus. Il va falloir remettre des choses en route, ça prendra du temps. » Lui est prêt à œuvrer, encore et toujours. Et lance un appel aux bonnes volontés qui voudraient en faire de même et rejoindre une asso en manque de bras et qui cherche en nouveau souffle.

Gilles BIOLLEY – Charente libre

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